13 décembre 2012

Date énigmatique

Mais oui, tout le monde en parle et une nouvelle date s’approche à grand pas, le 21 décembre 2012. L’équinoxe d’hiver et, selon quelques fous, la fin du monde (pas possible, ce sera l’anniversaire de mon ainée et la cadette arrivera en avion depuis l’Amérique latine...)
Les mairies ont été prises d’assaut un peu partout dans le monde et, dans une commune genevoise, même l’office de la Poste ! Son code postal étant 1212, les amoureux (amateurs) de philatélie ont couru pour faire timbrer des enveloppes à cette date spécifique et, si possible, à 12h12…
Une dizaine de couple se sont dits « oui » à la Mairie de la ville de Genève ; ça semble peu, mais les moulins de l’administration helvétique moulent lentement et n’y voient pas un attrait de gain contrairement à Singapour où 540 couples ont convolé en juste noce. Après ce que j’ai pu comprendre dans la presse, la mairie avait ouvert ses portes durant 24 heures…
Peut-être vous avez d’autres chiffres, ce serai intéressant de les trouver, je m’en réjouis déjà.
N'hésitez pas à les faire partager avec nous.

28 novembre 2012

157, Neil Road

Bien des familles d’expatriées de la région singapourienne ont eu l’occasion de visiter les villes de Penang et Melaka. Dans les trois lieux on retrouve les mêmes racines, celles des Peranakans, placées au long du détroitde Malacca.
Avec Singapour, trois villes avec une histoire remontant à des siècles. Car, pour aller rejoindre les iles des épices, les plus grandes nations de navigateurs et leurs célèbres capitaines de navires ont franchis ce détroit. Encore aujourd’hui on y voit les traces que ces différentes cultures ont laissé derrière eux ; les arabes, les portugais, hollandais, espagnols et, évidemment les anglais.  Tous arrivants de l’ouest. Mais depuis l’est il y avait une autre grande nation de navigateur, les chinois.
Pour les navigateurs et marchands venant de l’empire du milieu, le chemin était plus court et bien de riches marchands commençaient à s’installer dans une de ces trois villes. Venant souvent seul, comme tout homme, ils s’ennuyaient rapidement d’une compagnie féminine et de ce fait, les hommes venant de Chine commençaient à se marier avec les femmes locales, malaysiennes et indonésiennes. Pas si simple, car les deux ont des us et coutumes bien différents !
De cette liaison interculturelle naissait un nouveau groupe, les Peranakans. Ils mélangeaient leurs cultures au niveau culinaire, vestimentaire et linguistique. Culte des ancêtres, funéraires et mariages gardaient une forte intonation chinoise, mais au niveau culinaire, pour faire plaisir à leurs époux d’origines chinoises, les Nyonyas mélangeaient petit à petit leur savoir avec celui des femmes chinoises. Un nouveau groupe prospère se développait dans la région.
Au niveau architectural ces trois villes sont étroitement liées et leurs traces se voient à Melaka, Penang et à Singapour.
Si vous n’avez pas le temps ou l’envie de voyager en dehors de Singapour pour découvrir leur architecture, facile, vous trouvez la même chose  à Singapour aussi. 
Les rangées de Shophouses avec leur arcade mesurant 5 pieds de large, peintes très souvent dans des couleurs vives et décorées de stucs et carrelages multicolores se trouvent un peu partout sur l’île et une en particulier, aujourd’hui propriété du Musée National, est à visiter sur rendez-vous. Le Baba House au No 157 Neil Road.
On pense qu’elle avait été construite autour de 1890. Elle appartenait à un riche armateur chinois peranakan. Elle a pu être restaurée dans toute sa splendeur et richesse grâce au savoir d’historiens, architectes et artisans.
Le SAS nous avait donc organisé un tour guidé dans cette belle maison en bordure de Chinatown. Sa couleur d’un violet particulier sort du lot et on la repère de loin. Depuis la mini-cours nous avons le temps d’admirer la façade décorée selon la coutume avec les éclats de porcelaine formant des animaux mythologique et des fleurs, tous des porte-bonheurs, évidemment. Comme il se doit, deux pot aux dragons contenant des fleurs de lotus longent chaque côté du mur avant d’arriver vers l’arcade de 5pieds de large. Les deux lanternes suspendues à droite et gauche de la porte d’entrée nous livrent nom et activité du propriétaire.
Il serait trop long de vous décrire en détail l’intérieure de cette riche demeure (et en plus, je n’ai pas tout retenu non plus…) Je vous suggère, si l’intérêt y est, de prendre rdv avec le Musée National pour fixer une date de visite. babahouse @nus.edu.sg, tél. 6227 5731
Si votre estomac cri famine à la fin de la visite, mais pas assez pour aller le remplir tout de suite, je vous suggère de faire un tour à travers un petit quartier chic. Pas avec des villas somptueuse « m’as-tu-vu », non, de superbes Shophouses. En sortant du Babahouse, vous tournez à gauche dans Spottiswood Road ; de là, vous sillonnez les petites rues (Everton Road et Blair Road) avant de retourner sur Neil Road où un petit restaurant familial propose de succulents Dim Sum. Jing Hua Restaurant, 21-23 Neil Road, 088814 SIN. Il se trouve sous une arcade longeant une rangée de Shophouses, pas loin du grand temple Bouddhiste de Chinatown, on le voit depuis l’entrée du restaurant. (Fermé le mercredi)

Picasa Album

21 novembre 2012

La couleur des sentiments

Il faut que j’avoue, depuis que j’ai reçu un iPad comme cadeau, mon armoire aux livres ne désemplie plus, les étagères sont toujours tant chargées. Ces petites tablettes sont malignes, elles vous attrapent par la facilité d’accès aux emails, fb, skype, internet et…aux jeux…
Mais cet été j’ai reçu un livre que je ne pouvais pas laisser de côté, il attirait mon attention et je viens de le terminer. Peut-être vous l’avez déjà lu ou vu le film. Qu’avez-vous pensez ? Moi, j’ai beaucoup aimé et vue que je vie actuellement dans un pays où les résidents sont habitués à être entourés de servantes (appelée maid ou helper), je devais le lire sans plus attendre.
La couleur dessentiments est son titre en français, écrit par KathrynStockett. Gute Geister en allemand et The Help en anglais. Ce roman nous plonge dans l’état du Mississippi des années 70 et nous décrit la vie des bonnes noires à travers les yeux d’une jeune femme blanche. Le racisme était omniprésent et les punitions sévères pour toutes personnes se mêlant à l’autre race… sauf, bien évidemment, pour faire les travaux ménagers, l’éducation des enfants et les travaux dans les champs. Si non, il ne valait mieux pas trop s’approcher les uns des autres de peur d’être dénoncé et puni. Pourtant ils étaient américains eux aussi !
Par ici, les « helper » ne sont pas des citoyens, elles ont été cherchées pour travailler et servir dans les maisons. Dans les chantiers c’est une autre groupe d’es....e qui domine ; ils travaillent dure, par tous les temps, (n’oubliez pas, il fait toute l’année très, très chaud et humide ici !) avec que très peu de congé et des droits limités. Pas de famille avec qui passer le peu de temps libre. Vous vous rappelez du temps où nous avions les saisonniers en Suisse ? Ils n’avaient pas le droit non plus d’amener leur femme et enfants, ils se voyaient durant les vacances d’été où ils devaient retourner dans leur patrie ; les contrats de travail été établies sur une durée limitée. Heureusement ça a bien changé depuis. D’ailleurs, à ce sujet, un jeune blogueur a écrit récemment un article fort intéressant que je vous invite à lire ici.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

13 novembre 2012

Tiong Bahru

Même après plus de quatre ans de vie à Singapour, il reste encore des choses et des quartiers à découvrir. Il faut occuper ses journées, non ? Raison pour laquelle j’attrape régulièrement ma caméra et si possible une copine pour aller sillonner les rues et ruelles d’un quartier que je ne connais pas encore.
Hier c’était Tiong Bahru (wikipedia). Un quartier bâti dans un style art-déco, un peu comme l’Art-Deco-District à Miami. On y retrouve les mêmes silhouettes arrondies dans l’architecture. Construit dans les années trente. Très plaisant à mes yeux. Le tout encore mélangé au style colonial de la région, soit disant mixte avec le style des Shophouses locales avec leurs arcades.
Que peu de monde pouvait s’offrir un logement dans ce quartier avant la deuxième guerre mondiale, bien trop chic et trop cher. Que les riches et puissants de la ville qui y logeaient leurs maîtresses… On appelait ce quartier Mei Ren Wo, littéralement « repère de beauté ». C’était également un des premiers quartiers avec un regroupement d’immeubles dans un même style, appelé « housing estate », comme chez nous un HLM. Comme la pluparts des singapouriens sont propriétaires de leur logement, ce genre de développement est très courant sur l’île et largement subventionné par l’état, aidant ses citoyens à acquérir un appartement.
Après la grande guerre, le nombre d’habitants avait triplé dans ce quartier il  perdait son statut d’exclusivité et devenait populaire. Un vrai petit village où tout le monde se connaît et y fait ses courses. D’ailleurs, au cœur de Tiong Bahru (CNN) se trouve le fameux marché, connu dans toute la ville pour la qualité de la marchandise qu’on y trouve ; les chefs de bien de grands restaurants viennent s’y approvisionner, car il est réputé de fournir une marchandise très fraîche.
Puis arriva le temps où bien des singapouriens étaient attirés par les nouvelles constructions, plus modernes et Tiong Bahru (blog local) devenait un grand centre de personnes âgées, les plus jeunes cherchant plus de confort. Le boum économique des années 70-80 donnait cette envie aux gens de migrer vers de nouveaux quartiers. Le quartier se détériorait lentement.
 Mais récemment, grâce aux occidentaux et des singapouriens un peu plus sophistiqués, ce quartier était restauré et est devenu un peu une région pour artistes, galeristes et petits cafés et restaurants sympas. Une grande partie est protégée aujourd’hui et ne peut pas être détruite !
Par les quelques images je vous laisse découvrir ce lieu calme et verdoyant et je vous invite à y aller faire un tour, vous ne seriez pas déçu !